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•Mathilde Janicot, cofondatrice de Revolty

Une batterie solaire peut-elle prendre feu ?

SécuritéBatterie
Batterie domestique Revolty installée au sol contre le mur d'un garage, à côté de deux vélos.

Une voiture à essence a 18 fois plus de chances de prendre feu dans l'année qu'une batterie domestique. C'est ce qui ressort de la plus grande étude publiée sur le sujet, menée par l'université RWTH d'Aix-la-Chapelle sur le parc allemand, environ 1,6 million de batteries installées dans des maisons : un risque d'incendie de 0,0049 % par an, soit à peu près une batterie sur 20 000 (RWTH Aachen, 2024).

Donc oui, une batterie solaire peut prendre feu. Ce n'est pas impossible, et nous ne vous dirons jamais le contraire. C'est rare, du même ordre qu'un sèche-linge, et surtout c'est un risque qui se maîtrise très bien quand on sait quoi regarder.

À quelle fréquence une batterie domestique prend-elle feu ?

Pour une batterie domestique, la probabilité d'incendie est d'environ 0,0049 % par an, selon l'étude de l'université RWTH d'Aix-la-Chapelle publiée en 2024 sur le parc allemand. C'est comparable à un sèche-linge (0,0037 %), cinq fois moins qu'une voiture électrique (0,024 %) et dix-huit fois moins qu'une voiture à essence ou diesel (0,089 %).

Équipement Risque d'incendie par an
Réfrigérateur 0,0012 %
Sèche-linge 0,0037 %
Batterie domestique 0,0049 %
Voiture électrique 0,024 %
Voiture thermique 0,089 %

Source : Hölting, Junker, Sauer, RWTH Aachen, étude réalisée à la demande de l'association allemande du stockage d'énergie (BVES), 2024. Les incendies ont été recensés à partir des signalements publiés dans la presse, ce qui peut en sous-estimer le nombre.

Deux précisions honnêtes sur ce chiffre. D'abord, il compte les incendies réellement déclenchés par la batterie elle-même, pas ceux d'un tableau électrique mal serré ou d'une erreur de manipulation. Ensuite, les auteurs le rappellent eux-mêmes : un incendie de batterie est rare, mais quand il survient, il est plus difficile à éteindre qu'un feu ordinaire. C'est pour ça que la question des protections compte autant que celle de la fréquence.

Ce qui se passe vraiment quand une batterie s'emballe

Le phénomène qui peut conduire au feu s'appelle l'emballement thermique. Pensez à une casserole d'huile oubliée sur la plaque : au-delà d'une certaine température, elle n'a plus besoin de la plaque pour continuer de chauffer, et elle finit par s'enflammer toute seule.

Dans une batterie, c'est la même logique. Une cellule, c'est-à-dire l'un des petits éléments qui composent la batterie, se met à chauffer pour une raison anormale : une surcharge, un court-circuit, un choc ou une chaleur extérieure trop forte. Passé un certain seuil, les réactions chimiques à l'intérieur produisent elles-mêmes de la chaleur, qui accélère les réactions, qui produisent encore plus de chaleur. La cellule peut alors dégager des gaz et de la fumée, puis prendre feu, et transmettre sa chaleur à ses voisines.

Le point important, c'est que tout se joue avant ce seuil. Une batterie bien conçue est faite pour qu'une cellule n'y arrive jamais, et pour que, si elle y arrive malgré tout, le problème reste circonscrit à elle seule.

Pourquoi la chimie LFP change la donne

Toutes les batteries au lithium ne se valent pas face à la chaleur. Les batteries domestiques modernes utilisent de plus en plus la chimie LFP, pour lithium-fer-phosphate, la même que l'on retrouve dans une partie des voitures électriques récentes. Elle remplace les chimies dites NMC, à base de nickel, de manganèse et de cobalt, plus compactes mais plus sensibles à la chaleur.

La différence se mesure. Dans une série d'essais menés en laboratoire sur des cellules du commerce, les cellules LFP ne commençaient à s'emballer qu'à 195 °C, la température la plus haute des chimies testées, et ne dépassaient pas 404 °C au plus fort de la réaction. Les cellules au cobalt montaient jusqu'à 853 °C (Golubkov et al., RSC Advances, 2014). Concrètement, une cellule LFP met plus de temps à atteindre le point de non-retour, et quand elle l'atteint, elle dégage beaucoup moins d'énergie.

Ce n'est pas pour autant une garantie absolue. Une cellule LFP en emballement produit surtout de la fumée et des gaz, qui peuvent être inflammables et doivent pouvoir s'évacuer. La chimie réduit le risque ; elle ne dispense pas du reste.

Pour les plus techniques

Les seuils d'emballement varient selon la méthode d'essai, le format de cellule et l'état de charge, et il faut toujours comparer des chiffres issus du même protocole. La tendance, elle, est constante dans la littérature : la liaison phosphate-oxygène de la cathode LFP libère beaucoup moins d'oxygène en chauffant que les oxydes de nickel et de cobalt, ce qui retarde le déclenchement et limite la propagation d'une cellule à l'autre. Côté système, la norme IEC 62619, qui encadre la sécurité des batteries lithium stationnaires, impose notamment des essais de court-circuit externe, de surcharge, d'abus thermique, de chute, et un essai de propagation : on provoque l'emballement d'une cellule et on vérifie que le feu ne sort pas de la batterie.

Les cinq protections à exiger avant d'acheter

Voici ce qu'il faut demander, et obtenir par écrit, avant de signer un devis. Aucune de ces protections ne suffit seule ; c'est leur addition qui rend le risque si faible.

  1. La chimie. Une cellule LFP, pour les raisons ci-dessus. C'est aujourd'hui le standard du stockage résidentiel, et il n'y a plus vraiment de raison d'accepter autre chose dans une maison.
  2. Le BMS, pour battery management system, le système électronique qui surveille en permanence chaque cellule : sa tension, son courant, sa température. Il coupe la charge ou la décharge dès qu'une valeur sort des clous, bien avant que la cellule ne s'approche du seuil dangereux. Demandez s'il mesure la température cellule par cellule ou seulement à l'échelle de la batterie.
  3. Les normes. L'IEC 62619 pour la sécurité de la batterie, l'UN 38.3 pour le transport, le marquage CE, et une installation conforme à la NF C 15-100. Un fabricant sérieux les cite sur sa fiche technique ; s'il faut insister pour les obtenir, c'est un signal.
  4. Un emplacement conforme. Voir la section suivante, c'est le point sur lequel vous avez le plus de prise.
  5. L'extinction embarquée. C'est la protection la moins répandue, et la plus parlante : un dispositif d'extinction logé directement dans la batterie, qui se déclenche tout seul à la chaleur, sans attendre que quelqu'un soit là.

Chez nous, chaque module de 5 kWh embarque son propre extincteur à aérosol condensé, conçu pour les feux de lithium, en plus des fusibles, du BMS et d'un relevé de température sur chaque cellule. La batterie répond aux normes IEC 62619, UN 38.3, CE, NF C 15-100 et NF EN 50549. Nous le détaillons sur la fiche technique de la batterie.

Où installer sa batterie chez soi

En France, l'emplacement d'une batterie lithium reliée à des panneaux solaires est encadré par le guide XP C 15-712-3, le texte de référence des installations photovoltaïques avec stockage. Pour une maison individuelle, il est clair : la batterie se place hors des pièces principales, de la cuisine, des salles de bain et toilettes, des couloirs et des greniers.

En pratique, cela laisse le garage, le cellier, la buanderie ou un local technique. Le même texte demande de garder au moins 1 mètre entre la batterie et toute source de chaleur, chaudière ou réserve de combustible (fioul, gaz, bois), de la poser dans une enveloppe en matériau incombustible qui ne s'ouvre qu'avec un outil, et de laisser de l'air autour pour qu'un éventuel dégagement de gaz puisse s'évacuer.

Deux réflexes simples à ajouter. Vérifiez la plage de température prévue par le fabricant : chez nous, de -20 °C à +55 °C, en intérieur uniquement, ce qui convient à un garage non chauffé mais pas à un mur exposé plein sud dehors. Et prévenez votre assureur par écrit. Le Code des assurances (article L113-2) vous oblige à déclarer les éléments nouveaux qui modifient le risque. Joignez l'attestation de l'installateur : c'est elle qui prouve que la pose a été faite dans les règles.

Les signaux qui doivent alerter, et quoi faire

Une batterie qui va mal prévient presque toujours. Voici ce qui doit vous faire réagir :

  • une odeur inhabituelle, souvent décrite comme sucrée ou chimique, proche d'un solvant ;
  • de la fumée, même légère, ou un sifflement qui sort du boîtier ;
  • un boîtier anormalement chaud au toucher, ou qui se déforme ;
  • une alerte de température sur l'application, ou des coupures répétées sans raison apparente.

S'il n'y a ni fumée ni odeur, mais une alerte ou un comportement étrange : n'ouvrez pas le boîtier, coupez la batterie si votre installateur vous a montré comment faire, et appelez le support du fabricant. Chez nous, un expert vous répond en moins de 15 minutes, au téléphone ou en visio.

S'il y a de la fumée : sortez, fermez la porte derrière vous, et appelez le 18 ou le 112 en précisant qu'il s'agit d'une batterie au lithium. Ne tentez pas de l'éteindre vous-même. Un feu de lithium peut repartir plusieurs heures après avoir semblé éteint, comme le rappelle l'INRS, et c'est le métier des pompiers de le surveiller.

Et les cellules de seconde vie ?

C'est une question que l'on nous pose souvent, et elle est légitime. Nos batteries utilisent des cellules de seconde vie, c'est-à-dire des cellules issues de batteries de véhicules électriques ou de stockage industriel, encore en excellent état, que l'on réemploie au lieu d'en extraire de nouvelles.

Ce qui fait la sécurité d'une cellule, ce n'est pas qu'elle soit neuve, c'est qu'on connaisse précisément son état. L'INERIS le souligne dans ses travaux sur la seconde vie des batteries : la vraie difficulté est de mesurer l'état de santé des cellules usagées, et c'est là que tout se joue. Nous testons chaque cellule, mesurons son état de santé et écartons celles qui ne passent pas, avant de les assembler en France. La batterie finale répond aux mêmes normes qu'une batterie neuve, IEC 62619 comprise, et son BMS suit ensuite la température de chaque cellule tout au long de sa vie.

Ce que j'en pense

La plupart des fiches produit de batteries domestiques ne disent rien de la protection incendie. Elles détaillent la capacité, la puissance, le nombre de cycles, parfois la couleur. Sur ce qui se passe si une cellule s'emballe, rien, ou une mention vague de « sécurité renforcée ».

C'est pourtant la première chose que les gens nous demandent, avant le prix. Et c'est une question à laquelle un fabricant doit pouvoir répondre en une phrase : quelle chimie, quel BMS, quelles normes, quelle extinction. S'il n'y arrive pas, ce n'est pas forcément que sa batterie est dangereuse. C'est qu'il n'a pas jugé utile de vous le dire, et ça en dit déjà beaucoup.

Une batterie qui ne vous dit pas comment elle se protège ne vous protège pas mieux pour autant.

Si vous voulez voir comment la nôtre est construite, tout est sur la page de la batterie. Et pour savoir quelle capacité convient à votre maison, notre simulateur vous répond en deux minutes, gratuitement et sans inscription.

Questions fréquentes

Une batterie solaire peut-elle exploser ?

C'est extrêmement rare. Une batterie au lithium en emballement thermique peut dégager des gaz inflammables, qui présentent un risque s'ils s'accumulent dans un espace fermé. C'est pourquoi le guide XP C 15-712-3 impose une enveloppe qui permet le dégazage et de l'air autour de la batterie. Les cellules LFP, utilisées dans la plupart des batteries domestiques récentes, dégagent beaucoup moins d'énergie que les autres chimies.

Quel est le risque réel d'incendie d'une batterie domestique ?

Environ 0,0049 % par an, soit à peu près une batterie sur 20 000, selon l'étude de l'université RWTH d'Aix-la-Chapelle publiée en 2024 sur 1,6 million de batteries installées en Allemagne. C'est du même ordre qu'un sèche-linge et dix-huit fois moins qu'une voiture thermique.

Les batteries LFP sont-elles plus sûres ?

Oui. En laboratoire, les cellules LFP commencent à s'emballer à une température plus élevée que les chimies au nickel et au cobalt, et chauffent beaucoup moins fort pendant la réaction : 404 °C au maximum contre 853 °C pour les cellules au cobalt (Golubkov et al., 2014). Elles restent à associer à un BMS, à des normes et à un emplacement conforme.

Où peut-on installer une batterie solaire dans une maison ?

Hors des pièces de vie, de la cuisine, des salles d'eau, des couloirs et des greniers, selon le guide XP C 15-712-3. Le garage, le cellier ou un local technique conviennent, à au moins 1 mètre d'une chaudière, d'une source de chaleur ou d'une réserve de combustible, et dans la plage de température prévue par le fabricant.

Faut-il déclarer sa batterie à son assurance habitation ?

Oui. L'article L113-2 du Code des assurances oblige à déclarer les éléments nouveaux qui modifient le risque. Faites-le par écrit en précisant la capacité et l'emplacement de la batterie, et joignez l'attestation de l'installateur, qui prouve que la pose respecte les règles.

Que faire si ma batterie dégage de la fumée ?

Sortez, fermez la porte, et appelez le 18 ou le 112 en précisant qu'il s'agit d'une batterie au lithium. N'essayez pas de l'éteindre vous-même et n'ouvrez pas le boîtier. Un feu de lithium peut reprendre plusieurs heures après avoir semblé éteint, et seuls les pompiers ont les moyens de le surveiller.

Une batterie de seconde vie est-elle plus dangereuse qu'une batterie neuve ?

Pas si chaque cellule est testée et son état de santé mesuré avant l'assemblage. La sécurité dépend de l'état connu de la cellule, pas de son âge. Une batterie de seconde vie doit répondre aux mêmes normes qu'une batterie neuve, dont l'IEC 62619, et être surveillée cellule par cellule par son BMS.


Sources : F. Hölting, M. Junker, D. U. Sauer, Quantitative fire risk assessment of battery home storage systems in comparison to general house fires in Germany and other battery-related fires, RWTH Aachen (ISEA), 2024, réalisée à la demande de la BVES · A. W. Golubkov et al., Thermal-runaway experiments on consumer Li-ion batteries with metal-oxide and olivin-type cathodes, RSC Advances, 2014 · guide AFNOR XP C 15-712-3, installations photovoltaïques avec dispositif de stockage raccordées au réseau public de distribution · norme IEC 62619, exigences de sécurité des batteries lithium à usage industriel et stationnaire · INRS, batteries au lithium, connaître et prévenir les risques · INERIS, projet Seconde vie des batteries · Code des assurances, article L113-2 · fiche technique de la batterie Revolty.

Article publié le 16 octobre 2026 par Mathilde Janicot, cofondatrice de Revolty.

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